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Les données de l’AMDL et ceux de la Banque Mondiale, L’incohérence !

A en croire le ministère et l’AMDL (Agence marocaine de développement logistique), le secteur de la logistique au Maroc se porte bien, très bien même. Pourtant, selon la Banque mondiale, le Maroc qui pourrait être un modèle de la Région, a reculé pendant les quatre dernières années. Dans son rapport biannuel ‘‘Connecting to compete 2016’’, le Maroc a un score de 2,67 de l’indice de performance logistique qui lui donne seulement la 86ème place dans le classement mondial.

Alors d’où vient ce manque de cohérence entre le discours officiel de nos responsables et de nos institutions d’une part, et la performance mesurée par les services de la Banque mondiale sur la base des critères techniques, d’autre part? Pourquoi, n’arrive-t-on pas à capitaliser sur nos points forts pour avancer dans le classement au lieu de reculer ?
Pour la première question nous pensons que le manque de cohérence est vécu aussi en interne en termes de politique publique. Si la majorité des services relèvent de la compétence du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique et de ses institutions de développement et de gouvernance, la douane et le commerce extérieur dépendent d’autres autorités gouvernementales. Et justement il s’agit ici d’un point faible de la politique gouvernementale actuelle caractérisée par une approche sectorielle qui ne peut pas faire le lien et assurer la synergie et la cohésion entre les départements surtout lorsqu’il s’agit de ministères différents avec des couleurs politiques différentes. L’AMDL est l’institution chargée d’appliquer la stratégie logistique nationale mais elle n’a pas de pouvoir, ni de regard d’ailleurs sur ce qui se passe dans la douane, le commerce extérieur ou l’industrie en matière de logistique et de facilitation de circulation des flux.

« Autre facteur influant, c’est que la célérité des procédures dépend beaucoup du facteur humain, et plus précisément du « moral », de « l’état d’esprit » et de
« la disposition » de l’agent, l’inspecteur, le collaborateur chargé d’une phase de l’opération ! Beaucoup de traitements restent très subjectifs à la merci de la personne qui a la clé du dossier. Cette personne agit dans une logique personnelle et émotionnelle qui s’en fout bien de la performance logistique et de l’IPL
du pays ».

En ce qui concerne la deuxième question, nous constatons avec regret que tous les efforts consentis par notre pays en termes d’infrastructures et de connectivité n’ont pas pu permettre au Maroc d’améliorer sa position globale. Des pays comme l’Egypte, le Botswana, l’Ouganda et le Burkina Faso devancent aujourd’hui le Maroc. On peut construire le plus grand port, dans la bonne position géographique, avoir les bonnes profondeurs de tirant d’eau, les meilleurs opérateurs en concession, munis des meilleurs équipements de manutention et d’aconage qui traitent les navires dans les plus brefs délais, mais en amont et en aval des zones d’étranglement au niveau des documents, des inspections, des scanners, des connections EDI, tout l’avantage qu’on gagne d’un côté, on le perd dans les autres phases du traitement des flux.
Autre facteur influant, c’est que la célérité des procédures dépend beaucoup du facteur humain, et plus précisément du « moral », de « l’état d’esprit » et de « la disposition » de l’agent, l’inspecteur, le collaborateur chargé d’une phase de l’opération ! Beaucoup de traitements restent très subjectifs à la merci de la personne qui a la clé du dossier. Cette personne agit dans une logique personnelle et émotionnelle qui s’en fout bien de la performance logistique et de l’IPL du pays.

« Les hauts responsables doivent descendre en bas pour voir de près les problèmes que vivent les opérateurs économiques. Lorsque cela arrivera,
les indices de performance suivront ».

Les usagers entendent souvent les grands responsables dire des choses merveilleuses durant leurs présentations en PowerPoint dans des salles climatisées. Mais ils affrontent tout de suite après la réalité sur la scène des opérations devant un bureau vide, un signataire qui n’est pas dans son jour ou un scanner en panne. L’opération ordinaire d’une demi-heure devient alors un cauchemar qui dure une journée entière et souvent plus.
Les efforts consentis, les infrastructures réalisées, les investissements souscrits pour développer la logistique se trouvent prisonniers des procédures compliquées conduites par un système enraillé.

Les hauts responsables doivent descendre en bas pour voir de près les problèmes que vivent les opérateurs économiques. Lorsque cela arrivera, les indices de performance suivront.

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